La police et les chouans sous le consulat et l' empire Ernest Daudet Author
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Description

Extrait introduction. Les chouans ont été les plus redoutables adversaires de la Révolution ; ils ont fait trembler le Comité de salut public et le Directoire ; ils ont tenu en échec le pouvoir naissant de Bonaparte. Il a fallu des armées pour les détruire. Même après la pacification de 1800, quand on croyait, par des défaites successives et une amnistie générale, les avoir désarmés pour toujours, ils ont contraint la police consulaire à exercer contre eux des répressions impitoyables. On ne peut donc écrire l'histoire de la Révolution sans leur faire une large part. Que reste-t-il d'eux, cependant ? L'épithète de Chouans sous laquelle ils sont entrés dans l'histoire, les souvenirs confus de leurs exploits, quelques noms qui surnagent au-dessus des masses profondes de ces obscurs armés pour la défense du trône et de l'autel. La gloire des actes héroïques ne saurait leur être contestée. Les forfaits ne doivent pas être imputés à eux seuls. Il y eut dans leurs rangs des hommes terribles que leur dévouement aux choses que détruisait la Révolution entraîna aux pires excès ; mais ces excès furent dus surtout à cette écume que tout parti traîne après soi, à ces bandits qui profitaient du désarroi social pour s'enrichir au détriment d'autrui, sous prétexte de venger les royalistes vaincus. Faux chouans, chauffeurs, déserteurs réfractaires, c'étaient, pour la plupart, des hommes de sac et de corde, essayant de donner à leurs attentats une couleur politique, soit pour en amoindrir l'horreur, soit pour bénéficier des amnisties. Pour être juste envers les chouans, c'est à travers les chefs qui les ont commandés qu'il faut les regarder : La Rochejaquelein, Charette, Bonchamp, Cathelineau, d'Elbée, Sapinaud, Chatillon, d'Autichamp, d'Andigné, Suzannet, Bourmont, Frotté, Mandat, Bruslart, Du Chaffault, Georges Cadoudal, d'autres encore dont le nom est synonyme d'intrépidité, de vaillance et d'inextinguible ardeur pour la cause royale. Les soulèvements vendéens ne furent pas le résultat d'un effort isolé ni de savants calculs, mais la révolte d'un peuple qui défendait ses croyances politiques et religieuses. C'est pour Dieu et pour le Roi que ces bandes sans cohésion marchaient au combat et à la mort. Les paysans qui les composaient apportaient dans leur entreprise une ténacité égale à leurs convictions. Les défaites ne les décourageaient pas. Vaincus, ils revenaient à la charge, plus nombreux et plus forts, avec une foi aveugle dans leurs généraux, prouvant ainsi qu'on pouvait les vaincre, mais non les briser. Pendant plus de six ans, alors que les balles républicaines faisaient dans leurs rangs tant de vides, ces vides furent comblés sans relâche.

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